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Brev fra Peder Ludvig Møller til H.C. Andersen 11. marts 1863

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Dato: 11. marts 1863
Fra: Peder Ludvig Møller   Til: H.C. Andersen
Sprog: dansk.

Epistel til H. C. Andersen

Fortale

Kjære Andersen! Under mit Ophold i Frankrig er det ofte hændet mig, at naar jeg har befundet mig i en poetisk eler festlig Stemning, Ideerne da først have fremstillet sig for mig i en fransk Form, vel ikke i Vers, men i Prosa, saaledes om De veed, at de Franske pleie at oversætte Vers af fremmede Sprog i fransk Prosa. Jeg fulgte da dette franske system i omvendt Retning, saaledes at Adskilligt af hvad jeg i Paris har skrevet, er fra fransk Prosa blevet oversat i danske Vers. Paa samme Maade gik det mig, da jeg hørte, de herværende Skiandinaver paatænkte at hædre Dem med en festlig Sammenkomst: Jeg ønskede at bringe Dem en Hilsen infandt sig som sædvanlig paa Fransk. Men da jeg først igaar Aftes ved et Tilfælde erfarede, at Sammenkomsten allerede skulde ifnde Sted idag, forstaaer De, at der ikke var Tid for mit spæde Foster til at voxe op og blive klædt efter dansk Skik. Jeg maa da sende det, som det er kommet til Verden, bede Dem med Venlighed modtage mit lille franske Svøbelsesbarn, skjødndt det ikke engang har havt Tid til at blive vænt fra Brystet, og tage tiltakke med en fransk Epistel istendenfor et dansk Rimbrev.

I

Des bords de la Seine j'entends votre voix, mon ami; on vous connait déjà ici, on voudrait vous connaître davantage. On m'interroge sur vous, et tout en répondant à ces queslions, ma pensée évoque d'agréables so"uvenirs. Je me rappelle ce printemps disparu, lorsque vos premières poësies révélèrent une vie nouvelle à l'enfant endormi au milieu d'honnêtes bourgeois, loin de toute notion poétique. J'éprouve encore une fois les premières impressions de vos admirables Contes d'Enfants, de votre Improvisateur, de votre merveilleux Bazar d'un Poète Voyageur.

II

Ici je dois l'avouer, pour ce dernier livre je vous dois une réparation, une amende honorable. A Copenhague, parmis ce petit peuple de critiques, c'est à peine si j'osais le trouver franchement bon et beau.

C'est en Allemagne, le lisant en Allemand, que j'appris à apprécier votre Bazar; fantasmagorie inspirée il me suivait le long du Rhin, à travers toute la Suisse, jusqu'aux approches du Mont-Blanc où, comme ,par un coin de,.rideau soulevé, on entrevo,it ce jardiŒ étel'l1el qui s'appelle l'Italie. Là je me tournai vers la France, et je laissai votre livre dans deux belles mains que je n'ai plus revues.

III

J'échangeai les féeries des Alpes contre cette graTtéle et bruyante réalité qu'on nomme l)aris cett'eviUe où, dans les arts et dans Jes lettres, l'expression claire et harmonieuse a toujours été un ,peu plus' admirée que Je génie créateur; - cette ville où, entouré de la beaiIté élégante de la forme, on éprouve quelquefois le besoin d'un souffle de la nature, de même que la nature a besoin de quelques orages pour être toujours fraiche, jeune et belle; - cette ville, enfin, où, passant en revue mes souvenirs poétiques, je salue avec bonheur en vous le plus facile et le plus vrai inventeur de l'école littéraire en Danemark.

IV

Votre vie est tout un conte, et vos contes sont votre vie. - V OllS êtes resté jeune, gai et naturel dans un monde qui vieillit tristement par trop de savoir et de calcul égoÏ:te. - Vous êtes resté pur' et intact dans une société guindée, où tout est factice, qui a proscrit le naturel, tué les grands sentiments et les instincts généreux, rapetissé les nobles aspirations vers l'idéal, et faussé la morale. Voilà POurquoi votre vie est tout un conte, et vos contes sont une vie, vie féconde et vraie dans le culte stérile de banalités convenues.

V

Depuis longtemps vous avez conquis l'Allemagne; - l'Angleterre vous connait, elle vous aime. Votre nom commence à poindre sur l'horizon de la France, où il est si difficile de pénétrer. Puissent les belles fleurs de votre imagination garder toujours leur fraîcheur, répandre leur parfum, et grandir avec votre nom! - Car le poëte n'est pas un anachorète qui se puisse tenir dans une étroite cellule, il a besoin du grand air, il étouffe dans [les salles tapageuses, où se rengorge] la discussion politique, et il s'étiole au coin de feu de son pays. Il aime que le monde entier entende sa voix, comme lui - même écoute et répercute toutes les voix du monde et de la nature.

Paris le 11 mars 1863.

P. L. Møller.

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