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Brev fra Julio de Castilho til H.C. Andersen 4. juli 1866

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Dato: 4. juli 1866
Fra: Julio de Castilho   Til: H.C. Andersen
Sprog: fransk.

Chèr et illustre ami

Que je suis charmé de savoir que vous vous trouvez heureux chiez nous! À la verité, ce pauvre petit Portugal, cette douce Parthénope du Midi, est tout ce qui convient le mieux à un poète tel que vous.

À l'heure qu'il est, vôtre Septentrion, tout livré aux ravages de la guerre, doit regarder d'un oeil d'envie le calme dont nous jouissons.

Les théologiens ont beau chercher en Asie le paradis terrestre. C'est ici qu'il est caché, N'en dites rien, mais tachez d'en jouir de plus long-temps qu'il vous sera possible.

Vous jouez de bonheur, mon ami: vous êtes à Setubal, vous vous abritez des feux de la canicule à l'ombre des orangers et des palmiers, au bord de ce Sado, fier d'avoir donné naissance (sic) à notre immortel Bocage; vous avez comme hôte et comme cicerone l'aimable Monsieur O'Neil; vous avez pu assister à cette soirée delicieuse, à cette nuit folle e ravissante de la Saint Jean d'étè!

Que de poésïe vous entoure et vous pénètre! que de chants enchanteurs n'amassez vous pas en silence pour nous rendre avantageusement connus à vos compatriotes!

Quant à moi, Monsieur, quoique je n'ai jamais souffert de l'inclémence de cette nature boréale, qui pourtant produit des talents gigantesques et fleuris, tels que le vôtre, je sens que c'est ici, dans cette

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qu'un poète se trouve vraiment chez lui.

Vous me faites l'honneur, Monsieur, de me demander une copie (sic) de la traduction que j'ai faite, du Campanario de Farum afin de l'envoyer à la veuve de l'auteur. Eh bien, vous allez la recevoir sous peu de jours. On y travaille.

J'aurais mieux aimé à vous envoyer un exemplaire de mon recueil poétique As Excavações Poéticas (Les Fouilles Poétiques) où cela a été publié ainsi que d'autres morceaux bien remarquables du génie dannois, malheureusement trop peu connû à l'étranger; mais je n'en ai plus un seul exemplaire pour vous l'offrir. Je chercherai, et peut-être le trouverai-je à la fin.

Je vous serre cordialement la main, cher poète. Tachez de revenir en ville en plutôt. Nous avons besoin de nous entretenir avec vous.

Tout-à-vous

Lisbonne, ce 4 Juillet 1866

(ass.)

P. S. - Bien (sic) des choses amicales de la part de tout mon petit monde.

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