Monsieur,
Je regrette bien vivement d’avoir été privé du plaisir de vous rencontrer aujourd'hui. J’avais l’honneur de vous porter les traductions que j’ai osé essayer de votre ravissante composition “Danmark Mit Fædreland”.
Vous verrez en les lisant, Monsieur, combien je suis téméraire et vous m’accorderez toute votre indulgence don’t j’ai tant besoin, en faveur de l’admiration que m’a inspiré ce petit poëme si rempli de sentiment de chaleur et d’élégance.
Je voudrais connaître assez les ressources de ma propre langue pour lutter avec la vôre qui - “som en sød Musik mit Hjerte naaer” – Malheureusement je ne suis qu’un scribe infime et si j’ai la hardiesse de vous faire part de mon essai de traduction, ce n’est que pour répondre à votre demande et en vous assurant qu’à l’avenir j’éviterai de vous donner un si mauvaise interprète.
Veuillez agréer je vous prie l’expression de mes sentimens les plus distinguées.
G. duChesne de Bellecourt[le 8 mars 1850]
Sécretaire de la Légation de France